* 1/05/08: Ouagadougou
Frontière semblant être la plus simple du monde à traverser: policiers souriants, assis à l'arrière d'une petite camionnette avec des maliens et des burkinabais... Un rêve en comparaison à ce que nous avions déjà vécu, en Mauritanie, au Sénégal ou au Mali ! Puis de l'autre coté, des policiers burkinabais nous accueillent, tous jeunes, beaux, souriants, accueillants et arrangeants.... Un paradis pour les célibataires... ;)
La camionnette nous descend à Ouahigouya, ville frontière avec le Sénégal, d'où toute une partie des voyageurs continue, comme nous, jusqu'à Ouaga. J'en profite pour rembourser le chauffeur, qui m'avait prété de l'argent car Hugues et moi étions à sec et ne pouvions payer notre visa pour le Burkina. C'était la première fois de sa vie que des toubabous (des blancs) lui demandaient de l'argent.... Inversion des rôles....Voilà en tout cas, sans nul doûte, un évenement qu'il s'empressera de raconter à tous ses proches et non sans fierté!!
Nous voilà donc, attendant quelques heures à la gare routière de Ouahigouya (mais maintenant, ce n'est plus un problème pour nous, c'est de l'ordre de la routine!!) que le chauffeur du car se décide à partir... Nous arrivons donc, très tard, à Ouaga et encore une fois, difficile de trouver un taxi à des prix raisonnables ainsi que des hotels ouverts! Nous passerons la nuit dehors, sous la moustiquaire, dans la cour d'un hotel, et partirons le lendemain pour trouver plus... intime! Réveil au premières lueurs du soleil qui chauffe déjà trop nos corps qui n'y sont toujours pas habitués... Douche froide pour se rafraichir et nous voilà, avec nos trois sacs très lourds, nous dirigeant à la mission catholique de Ouaga (si nous pouvions avoir une carte de fidélité comme dans les auberges internationales, nous mériterions de l'avoir!...). Celle-ci étant pleine (50 prètres venaient d'arriver pour une rencontre de bénitier), nous sommes dirigés vers une fondation de charité juste à coté. L'accueil est de glace, mais heureusement, la chambre est très correcte (avec une douche, en prime!!)!
Enfin libres de nos charges, nous visitons Ouaga, la capitale des Hommes intègres. Ouaga est une ville vivante, animée et relativement sympathique. C'est encore très difficile, comme partout, de se balader seuls plus de 2 minutes, car les soit disants "bons-intentionnés" ne tardent pas à proposer mille services ou babioles. La carte de Ouaga à 20000 FCFA fut quand même la plus mémorable!!! (30 Euros... Oui, quand même! Gonflé le prix et le type!! ) Mettez vous à notre place, ça devient même vexant, parfois, de se faire proposer des arnaques aussi grosses!!!!... -"Non merci, nous avons eu la même pour 1000 FCFA au syndicat d'initiative, soit 20 fois moins cher!!....Révise tes prix et ta façon de faire et nous pourrons peut-être parler.... " -Et puis, honnètement, nous n'avons pas (ou plus) le temps de perdre notre temps avec des gens comme toi: J'ai une semaine pour visiter le Burkina et m'en faire une idée qui colle à la réalité. Laissons de coté des plans bateau et organisons nous de façon efficace!!! Je n'ai plus le choixxx! -
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* 03/05/08: Bobo-Dioulasso
La région sud-ouest du Burkina semblait être la plus attrayante, en terme de nature. N'ayant pas pu voir les chutes de Guinée, je voulais quitter l'Afrique avec au moins un souvenir de cascade déferlant sur des rochers! Et c'est dans cette région que nous pouvions trouver cela....
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* 04/05/08: Banfora, les chutes de Karfinguéla et les pics de Sindou
En début d'après midi, nous sommes arrivés à Banfora, où nous avons posé rapidement nos affaires à l'hôtel de la paix, pas loin de la station routière. Bonne pioche: cet hôtel a été parfait: tenu par de gens charmants, proposant des supers plats, chambres et toilettes propres, prix très abordables... Bref, tout ce qu'il faut pour contenter les voyageurs! C'est le gérant, Antoine, qui nous a trouvé une mobylette (très kitch et pas très engageante… à l’image des véhicules locaux…) pour deux jours. Pour Hugues et moi, c’était une nouveauté : Nous n’avions jamais connu les joies du deux roues motorisés (enfin, à l’arrière si, mais jamais au pilotage !). C’était donc l’occasion ! Antoine embarqua donc Hugues pour lui donner un cours accéléré (5min… c’est dire s’il faut avoir les neurones en forme !) Mais au bout de 20 min, les deux joyeux compères n’étaient pas revenus. Nous papotions avec la sœur d’Antoine et son collègue lorsqu’Antoine arriva tout en stress à l’hôtel : « C’est incroyable, il y a trop de problèmes avec votre ami ! » (Celui-ci faisait référence à la manière dont Hugues et lui s’étaient rencontré : Hugues l’ayant pris pour un guide arnaqueur, il l’avait envoyé promené assez agressivement dès les deux premières minutes et celui-ci n’avait pas apprécié son attitude. Après s’être expliqué, nous nous étions toutefois entendu pour un véhicule et Hugues était parvenu à descendre le prix de telle sorte que ça ne l’arrangeait plus trop de faire affaire avec nous. Ce troisième événement était ainsi, en quelque sorte, la cerise sur le gâteau ! … )
« Qu’est ce qui se passe ? » « Il s’est fait arrêter par la police car il a grillé un stop. Le policier veut nous faire payer une amande de 6000 FCFA. » Sa Sœur et moi lui demandons de nous conduire au lieu de l’événement. Nous apercevons, au loin, un policier faisant la circulation avec, derrière lui, 5 mobylettes stationnées ainsi que 7 ou 8 personnes attendant, en rang. Le policier ne trouva pas d’autre argument à nous dire que : « Nul n’est sensé ignorer la loi et celle-ci doit, à cet effet, être appliquée, sinon quoi il s’agirait de favoritisme. » Difficile de répondre à cet argument… Antoine pût tout de même faire descendre l’amande de moitié, mais il est évident que pour le policier, la situation était trop belle pour se faire un peu d’argent… et puis soyons honnête, c’est ce qui lui fait son salaire ! Hé oui ! Les conditions des policiers ne sont pas les mêmes que dans nos pays ! Leur paye dépend des arrestations qu’ils font, ni plus ni moins !
Plus de temps à perdre ! Hugues prend les rennes, enfin, le guidon, et nous dirige, avec de plus en plus d’assurance, vers les chutes de Karfinguéla. Très belle ballade : Villages aux petites maisons de terre et de paille, paysage verdoyant où pommiers de cajou, palmiers et manguiers se détachent des rizières pour atteindre les hauteurs de l’Afrique, peut-être pour mieux respirer… La cascade n’est pas impressionnante par sa taille. Ce qui fait tout son charme est le décors qui l’entoure : Pas un seul panneau, pas un seul poteau, pas un seul pont ni un seul magasin : Rien ! De l’eau, des roches, des végétaux. C’est tout ! Et c’est déjà beaucoup ! Alors on se déshabille, et on pénètre doucement les eaux de la cascade, se demandant si, vraiment, on y a droit et appréhendant à tout moment que quelqu’un vienne nous dire que nous avons franchi les clôtures invisibles de la chute ! Et puis petit à petit, on se détend et on apprécie la fraîcheur de l’eau qui se déverse sur nos corps transpirant le trop d’eau bu pour tenir sous le soleil d’Afrique…
Le lendemain, une nouvelle excursion. Plus d’eau, mais plus de roches : Rendez vous aux Pics de Sindou. Il s’agit de l’extrémité de la chaîne des falaises des Pays Dogon. Mais en venant de Banfora, ces pics semblent être des termitières géantes, construites par des termites, fâchées de ne jamais réussir à faire concurrence aux baobabs et déterminées à gagner le duel !
Sur le retour, la route était si mauvaise et si ensablée que nous avons chuté. Quelques petites plaies sans importances : Rien de cassé ! Hugues conduisait prudemment ! Par contre, mon appareil photo n’a pas été aussi chanceux que nous (ou aussi résistant) : L’écran s’est enfoncé, il est définitivement HS ! Décidément, ma mémoire va devoir retenir la totalité du voyage car ce ne sont pas mes photos qui vont beaucoup m’aider !! Et puis arrêtons de se plaindre : il y a celle d’Hugues ! Alors merci à lui d’avoir eu la prévoyance de faire des copies de ses photos. C’est grâce à cela que vous pouvez suivre en image nos aventures !!!
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* 05/05/08: Retour à Ouagadougou et lac aux caïmans sacrés
De retour sur Ouaga, nous avons été hébergé par Pauline, une française séjournant pour un moment à Ouaga, au sein d’une asso oeuvrant pour les orphelins et les veuves. Ayant une partenaire de shopping, le lendemain, nous avons passé plusieurs heures, je le confesse, à marchander, partir, revenir, acheter des masques, des fringues, du tissus, des articles en bois, des épices, des bijoux…
Suite à cette dernière imbibition dans les marchés africains, j’ai plus sérieusement, rencontré le directeur de l’unique centre de réinsertion pour jeunes délinquants du Burkina, le centre de Laye. Un article décrit le centre et ma rencontre dans mon blog spécialisé « Criminologie de par le monde ». Pendant ce temps, Hugues courrait derrière son visa, ballotté à droite à gauche par les administrateurs lui donnant tous des infos différentes : « Allez à tel endroit » « C’est ouvert de telle à telle heure… » « Mais Monsieur, ce n’est pas là ! »… « Ah, désolé, Monsieur, mais c’est fermé à cette heure là ! »…
Suite à cela, nous nous sommes tous retrouvés pour partir voir les caimans sacrés, à quelques kilomètres de Ouaga: Nous avons achetés un poulet vivant pour l'offrir en sacrifice au plus vieux caïman du lac, de près de 200 ans... Etonnant! Il l'a avalé tout rond, proprement: Pas une goutte de sang! Suite à cela, pour nous remercier (Oui, soyez crédule je vous prie!!!...), il nous a laissé, gentiement, nous asseoir sur son dos et lui carresser ses grosses écailles rugueuses, à tour de rôle... sous les yeux attentifs des 50 autres caïmans de sa famille (ou ses voisins..), postés à moins d'une dizaine de mètre de nous...
Pour nous féliciter de cette bravour, nous avons dîné dans un joli restaurant… chinois (… à croire que nous n’étions pas tant dégoûté du riz !... et du poulet... -Le pauvre! Nous sommes cruels! - ) avant que nous nous dirigions tranquillement vers l’aéroport, pour mon vol à 3h du matin… C’est un retour sur Paris pour moi, mais non pas un Adieu pour l’Afrique car je reviens dans deux jours au Maroc, à Rabat, pour participer à un colloque international de criminologie, dont les thèmes abordés sont synthétisés sur mon blog… Je m’arrête là, pour l’instant, et laisse la plume à Hugues, qui continue le voyage vers le Togo et le Bénin encore un mois, le chanceux !! Je suis jalouse !!...
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